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On va mourir de faim!

  • Photo du rédacteur: Claire
    Claire
  • 26 févr.
  • 3 min de lecture

Il y a toujours ce moment. Celui où vous annoncez, presque sereinement, que vous allez jeûner une semaine. Et le silence se fait. Les regards se crispent. Puis la phrase tombe, invariablement : « Mais… tu vas mourir de faim ! »


Cette réaction est presque touchante. Elle révèle surtout à quel point nous avons perdu le contact avec notre physiologie. Nous confondons tout : privation et danger, inconfort et menace vitale, habitude et besoin biologique.


Le jeûne volontaire n’a pourtant rien à voir avec la famine. La famine est subie, imprévisible, angoissante. Elle déclenche une réponse de survie aiguë, une montée du cortisol, un état d’alerte. Le jeûne, lui, est choisi, encadré, conscient. Le corps sait que la nourriture existe. Il ne panique pas. Il s’adapte. Et cette nuance change tout.


La plupart de ce que nous appelons “faim” n’est en réalité qu’une vague hormonale. L’estomac se contracte, la ghréline — l’hormone de la faim — monte, et le cerveau interprète le signal comme une urgence. Pourtant, nous avons tous déjà vécu cette expérience : avoir faim à midi, être occupé, ne pas manger… et voir la sensation disparaître d’elle-même. Ce n’était pas un danger. C’était une oscillation.


La science est très claire sur ce point. La ghréline suit un rythme circadien : elle augmente aux heures habituelles des repas puis redescend spontanément, même si rien n’a été avalé. La faim est donc un phénomène cyclique, pas une ligne droite qui grimpe vers la catastrophe.


Ce qui surprend le plus les personnes qui viennent jeûner à La Lune Rose, c’est d’ailleurs cette découverte intime : dès le deuxième jour, la faim s’efface. Tous me le disent, avec un mélange d’étonnement et de soulagement : « Je n’en reviens pas… je n’ai pas faim. » Ce moment est souvent un basculement psychologique. Ils comprennent que le corps n’est pas fragile. Il est intelligent.


Pourquoi cette disparition ? Parce qu’un autre métabolisme s’installe. Lorsque les réserves de glucose diminuent, le corps bascule vers la cétose. Les corps cétoniques deviennent le carburant principal du cerveau. Or la littérature scientifique montre que la cétose possède un effet anorexigène : elle réduit l’appétit et le désir de manger, même en situation de perte de poids — ce qui est contre-intuitif. Le cerveau, nourri autrement, cesse de réclamer.

Dans le même temps, d’autres hormones s’ajustent. La ghréline chute progressivement. Le neuropeptide Y, impliqué dans les envies compulsives, diminue. La leptine, régulatrice de l’équilibre énergétique à long terme, se stabilise. L’oxydation des graisses augmente nettement, preuve que le corps change de carburant sans drame.


Ce que nous appelons “mourir de faim” est en réalité l’ignorance de ces mécanismes d’adaptation. Le corps humain a traversé des millénaires d’alternance entre abondance et restriction. Il est programmé pour cela. Le jeûne, lorsqu’il est volontaire et encadré, n’est pas une agression. C’est un retour à une capacité biologique oubliée.


La vraie faim — celle qui signale réellement la nécessité de se réalimenter — est rare, tardive, claire. Elle n’a rien à voir avec les gargouillis ou les envies sucrées. Elle est calme, profonde, précise. Et la plupart d’entre nous ne l’ont jamais rencontrée.

Alors non, on ne meurt pas de faim en jeûnant. On découvre plutôt que la faim quotidienne était souvent un bruit de fond, une habitude hormonale, une illusion moderne entretenue par la disponibilité permanente de nourriture.


Et lorsque l’on comprend cela, quelque chose change. La peur se dissout. Le corps redevient un allié.

 
 
 

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A PROPOS​​

Claire vous accompagne pour un séjour de jeûne et randonnée au Pays de Duras. Conçu comme une bulle de bien-être, celui-ci a été conçu pour toute personne à la recherche d’harmonie et d’allègement physique et mental.

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